Comptez les bouteilles de vin jaune, vous obtiendrez autant d’histoires que de villages du Jura. Le poulet aux morilles, lui, ne se raconte pas, il se vit. Dès la première bouchée, la table se transforme en terroir, la sauce réveille la mémoire d’une région, et chaque convive devient le témoin d’un savoir-faire aussi précis que gourmand.
L’alliance du poulet au vin jaune et des morilles transcende la simple recette pour révéler un pan entier de la culture jurassienne. Ce plat, que l’on réserve souvent aux moments rares, met à l’honneur la complexité unique du vin jaune, ce trésor doré aux reflets de noix et d’épices. Les morilles, champignons à la saveur boisée, y déposent leur élégance discrète. Le tout compose une expérience culinaire dense, plurielle, où chaque ingrédient joue sa partition.
Derrière chaque casserole, il y a plus qu’un tour de main : un héritage, une science patiemment transmise. Réaliser ce plat, c’est accepter de prendre son temps, de respecter chaque étape, et de laisser la magie du Jura s’inviter à table.
Les ingrédients indispensables pour un poulet au vin jaune et morilles réussi
Pour donner toute sa mesure à ce plat, la sélection des ingrédients ne tolère aucun compromis. Le choix du poulet pose les fondations : miser sur un poulet de Bresse, célèbre pour la finesse de sa chair, c’est garantir la noblesse du résultat. Ce joyau de la basse-cour s’achète directement chez un producteur local ou un éleveur rigoureux. Les marchés locaux, magasins spécialisés en produits frais et épiceries fines sont d’autres points de chute pour dénicher cette volaille d’exception.
Les morilles font figure de trésor parmi les champignons. Leur parfum intense, leur rareté, en font des invitées de choix. On les trouve dans les montagnes du Jura, mais aussi chez des spécialistes comme Laurent Macle ou dans les fruitières de la région.
Le vin jaune agit ici comme la colonne vertébrale du plat. Issu du cépage savagnin, il provient de terroirs renommés : Arbois, Château-Chalon, Côtes-du-Jura, L’Étoile. Les maisons Jean-François Ganevat, Domaine de la Pinte, Stéphane Tissot figurent parmi les références indiscutables pour sélectionner une bouteille à la hauteur.
Voici, en résumé, les piliers de cette recette :
- Poulet de Bresse : chair tendre, saveur typée, élevage traditionnel
- Morilles : champignons rares, goût subtil et boisé
- Vin jaune : cépage savagnin, identité jurassienne affirmée
Se procurer ces ingrédients chez des fournisseurs de confiance fait toute la différence. La qualité ne se négocie pas : elle s’impose comme une évidence dès la première cuillère.
Les étapes de préparation détaillées
Préparation des ingrédients
Avant de se lancer, un peu d’organisation s’impose. On découpe le poulet en morceaux réguliers, on nettoie soigneusement les morilles, et si besoin, on les réhydrate dans un bol d’eau tiède. Le vin jaune, la crème, les épices sont mesurés, prêts à l’emploi.
Cuisson du poulet et des morilles
Dans une grande cocotte, les morceaux de poulet dorent dans le beurre chaud, jusqu’à obtenir une belle coloration. Une fois le poulet réservé, les morilles prennent le relais, accompagnées d’une échalote finement émincée qui libère ses arômes tout en douceur.
Déglacer, mijoter et lier la sauce
Le vin jaune entre en scène pour déglacer la cocotte, détachant les sucs et enveloppant les ingrédients de ses parfums. Le poulet retrouve sa place, la crème s’ajoute, et le tout mijote tranquillement pendant une quarantaine de minutes. La sauce épaissit, se concentre, et chaque ingrédient s’imprègne du caractère du Jura.
Accompagnements et présentation
Ce plat appelle des compagnons à la hauteur. Des pommes de terre grenailles rôties au four, dorées à souhait, ou une portion de cancoillotte fondue pour jouer la carte locale. Un verre de pinot noir vient compléter l’ensemble, sans masquer la singularité du vin jaune.
Pour mieux visualiser les étapes clés de la recette, voici la marche à suivre :
- Découper le poulet en morceaux adaptés à la cuisson
- Nettoyer et, si besoin, réhydrater les morilles
- Faire revenir séparément le poulet puis les morilles dans la cocotte
- Déglacer avec le vin jaune, incorporer la crème
- Laisser mijoter doucement une quarantaine de minutes
Chaque étape demande attention et précision, mais aucune n’est insurmontable. Prendre le temps, c’est aussi rendre justice à ce plat d’exception.
Pourquoi l’accord vin jaune et poulet aux morilles est parfait
Un mariage de saveurs
Le vin jaune, avec ses notes de noix, de curry et de fruits secs, impose un style sans équivalent. Sa puissance rencontre la tendreté du poulet, surtout s’il s’agit d’un poulet de Bresse. La sauce à la crème et aux morilles vient parfaire cet équilibre, apportant relief et profondeur.
La complémentarité avec les morilles
Les morilles jouent ici un rôle décisif. Leur goût boisé, leur texture ferme, traversent la sauce et s’accordent avec le vin jaune pour offrir une palette aromatique rare. Cette alchimie, à la fois subtile et affirmée, distingue ce plat de toute autre volaille en sauce.
Un accord régional
L’union du vin jaune et du poulet aux morilles s’ancre dans la tradition du Jura. On la célèbre lors de la Percée du Vin jaune, événement incontournable pour les amateurs de cette cuvée emblématique. Préparer ce plat, c’est prolonger la fête à la maison, partager le goût d’une région, transmettre un patrimoine vivant.
Une alliance polyvalente
Le vin jaune ne se limite pas à ce seul accord. Sa structure lui permet de briller avec un veau tendre, un comté affiné, ou toute autre volaille soigneusement cuisinée. C’est une invitation à élargir ses horizons, à réinventer les classiques, et à intégrer ce vin d’exception dans de nouvelles recettes, sans perdre une miette de son identité.
Sur la table, ce plat ne laisse jamais indifférent. Il trace une ligne directe entre la générosité du terroir et l’éclat de la fête, prouvant qu’au Jura, la gastronomie sait conjuguer histoire et gourmandise avec panache.



